On tourne à chaque bifurcation et, furtivement, on finit par en oublier le but que l'on s'était imposé au début, celui qui nous rattache à la vie et à notre seule raison d'être ici...; le bonheur. Chacun en a sa propre définition. Moi, je pense que le vrai bonheur, le bonheur extrême est inaccessible, imperceptible aux yeux des hommes, trop orgueilleux...
Passivement, je suis là, les yeux fixés sur le ciel que je contemple d'un regard vide d'émotion. Un flou grisâtre me trouble la vue. Une goutte dévale le long de ma joue puis tombe, inerte, invisible sur le sol. J'ai mal, une douleur indescriptible me lance au niveau de mon c½ur que je n'entend plus battre. Je suis seule, au milieu de la foule. Personne ne me voit. Je n'existe plus. Je n'ai plus d'identité, j'ai oublié qui j'étais... Les gens marchent autour de moi, me bousculant sans prêter attention à la seule chose immobile de la rue... Mon esprit s'évade, vide de songes. Tout mes souvenirs sont en ébullition et tentent un à un de percer le voile pour me réapparaitre devant les yeux, mais le courage me manque et ma faiblesse devient une force en les repoussant le plus loin possible de cette profonde cicatrice... Je suis seule face à l'immensité de ma culpabilité; "C'est de ma faute, je ne peux m'en prendre qu'à moi même...". Parfois, je repense ces paroles tout bas dans ma tête, je l'imagine les prononcées... "C'est trop tard". Incohérente, ce lambeaux de phrase résonne dans ma tête comme un tambour et provoque de nouvelles palpitations. Une perle d'eau salée dégouline à nouveau de mon visage, sale, éreinté. Autour de moi, il me semble que les gens sont pressés. Ils marchent d'une allure rapide et l'un d'entre eux me bouscule, plus violemment cette foi. Un peu secouée, mon esprit semble en quelque sorte, se réveillé. Désormais, je songe. Mais je suis toujours vide, vidée de toute émotions. Une pensée passe au travers de ma tête, je reste bloquée dessus. Sans réfléchir, je me met à marché. J'avance lentement mais mes pas sont réguliers. J'ai perdu toute notion du temps, je ne sais même plus faire de différence entre le jour et la nuit. Je marche le regard toujours rivés vers un point précis qui cette foi, semble être mes pieds... Une grande ombre se dresse devant moi. Je lève les yeux. Ce phare gigantesque ne m'impressionne pas, je n'ai pas peur, je lui ferai face, je l'affronterais, seule. Je continu d'avancer avec un peu plus d'entrain. J'ouvre la porte. Je me retrouve en bas des marches. En haut se trouve le bonheur... Je vais peut-être enfin l'acquérir... Je monte donc les marches, une à une. Arrivée en haut, je regarde autour de moi. Tout est flou, j'ai l'impression de ne plus exister... En m'aidant d'une barre de fer, je monte sur le garde-corps qui entoure le phare, le corps en déséquilibre, dans le trou béant de l'océan qui s'offre à moi. Je regarde l'horizon, ne vois que l'immensité des flots se noyer dans le firmament du ciel gris. La douce odeur de la mer vient me chatouillée les narines. J'en empli mes poumons. Je ferme les yeux et laisse allé la pesanteur de mon corps, inerte, dans le vide...
J'aurais tant aimé que sa soit autre chose...
...Qu'un rêve...